12 décembre 2008

Delirium tremens



dontcryI

Guns n Roses - Don't Cry

           Dans le lit, ils sont si proches. Elle exulte de joie. L'avoir là contre elle, tout bonnement incroyable. Ça n'avait jamais été aussi confortable, avant. Ses bras autour de lui, les doigts dans ses cheveux, elle le serre encore plus fort et l'embrasse. Ouvre les yeux, le sent toujours face à elle. Le fourmillement ressenti, se fait de plus en plus important, la vue se brouille, elle ne voit rien un temps.

           Puis, lorsque le voile noir se dissipe progressivement... Ses yeux s'écarquillent d'horreur. Du blanc, devant elle! Non... Où est sa tête? Elle doit regarder plus bas, vérifier ce qu'elle a conscience d'écraser contre son buste. Qu'elle essaye d'entrer en vain, qui DOIT combler ce vide. De quoi s'agit-il? Elle le redoute. Elle écarte la couverture, laisse entrer un peu d'air, la faisant trembler. Elle est bien trop habillée pour dormir. Elle veut s'empêcher d'avoir froid.

            L'air frais, la sueur. Elle ne sait plus. Son esprit est écartelé, après tout elle n'est que dans la continuité de son rêve, pas vraiment consciente. Bien qu'en plein effroi. Ce qu'elle avait pris pour ses cheveux... Étaient en fait les poils de la peluche. Même pas sienne.

            La bouche s'ouvre, un son en sort. Ce qui peut s'apparenter à une lamentation. Une plainte en continu, qu'elle ne se savait même pas capable d'émettre. Elle empoigne avec force la peluche, la serre fort, mâchoire serrée et les muscles du visage crispés au maximum. NOOON! Ça se rouvre. Loin d'elle! Déception! Elle la jette à l'autre bout du lit.


             Position foetale, à enlacer le vide. Et ce tremblement qui ne veut pas stopper! Au même rythme que les sanglots sans larmes qui la secouent. Pourtant rien ne sort de ces yeux crispés! N'est-elle pas en pleine détresse, dans l'oeil du cyclone? Quelque chose DOIT sortir d'elle, ou y entrer. À tout prix. Elle mord la couverture, sans rien arranger...

            
             Elle avait tout oublié. Puis avait été tentée à nouveau, par mégarde. Y avait repris goût. Tout juste quand la dépendance s'était enclenchée, elle se trouva en sevrage forcé. Pourquoi? Le méritait-elle? Elle s'empoigne les cheveux, à mi-chemin entre désespoir et rage, leur tire dessus. S'empêche de hurler, sa fierté étant encore présente, lui interdisant de montrer à qui que ce soit le désordre sans nom qui l'habite. Surtout pas à elle, à côté. Alors qu'elle VEUT exploser. Elle veut tout casser, ici. Tout jeter. Détruire cette chambre comme il a réduit à néant son âme en la quittant. Elle l'avait mis sur un piédestal, en avait fait la clé de voûte qui maintenait en place son quotidien, certes tourmenté avant son arrivée. Son départ avait fait s'écrouler ses certitudes et espérances, comme si elles avaient été de vulgaires châteaux de cartes. Quand elle avait cru pouvoir recommencer à rêver, à faire confiance.

...

   

             Puis, épuisée par sa propre hystérie, elle s'est petit à petit calmée, les sentiments extrêmes et leurs conséquences incontrôlables ne la visitant jamais longtemps. Elle doit se rendormir. Demain sera une rude journée. Et puis, elle a bien trop peur de risquer sa santé mentale à trop y penser. Ce qu'elle n'a qu'entrevu cette nuit l'a bien trop effrayée. Elle doit oublier, éviter d'amener ces pensées à elle. Si fraîches dans sa mémoire! Tant de perfection, de douceur, avant.


A V A N T.

 

               Plus. Jamais. No. More. Sur le dos, le regard au-dessus d'elle, elle respire profondément. Ferme les yeux. S'autorise enfin à pleurer. Donne à ses larmes une vertu soporifique, even though she's afraid of falling asleep again. And see...                                                                                         Him.



( pix )



Posté par questionmark à 19:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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